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Droits & Démarches8 min de lecture

Faire reconnaître un burn-out professionnel

Démarches auprès du médecin du travail, de la CPAM et de la sécurité sociale.

Le burn-out ne figurant dans aucun tableau des maladies professionnelles, sa reconnaissance suit une procédure spécifique, dite « hors tableau », encadrée par le Code de la sécurité sociale. Voici les grandes étapes.

Étape 1 — Le certificat médical initial

Tout commence par une consultation auprès du médecin traitant (ou d'un psychiatre), qui établit un certificat médical initial décrivant précisément la pathologie et son lien présumé avec l'activité professionnelle. Ce document est indispensable pour la suite de la démarche.

Étape 2 — La déclaration auprès de la CPAM

Le salarié complète le formulaire Cerfa de déclaration de maladie professionnelle et l'envoie à sa CPAM, accompagné des volets de l'arrêt de travail et de l'attestation de salaire. Un délai de 15 jours après la cessation d'activité est généralement recommandé, mais en pratique, la déclaration reste possible dans un délai de deux ans à compter du moment où le lien entre la maladie et le travail a été établi médicalement.

Étape 3 — L'instruction du dossier

La CPAM dispose d'environ trois à quatre mois pour instruire le dossier. Elle peut solliciter un questionnaire auprès de l'employeur et mener une enquête complémentaire. Si un taux d'incapacité permanente prévisible d'au moins 25 % est estimé par le médecin-conseil, le dossier est transmis au Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP), seule instance habilitée à se prononcer sur les dossiers hors tableau.

Étape 4 — La décision et ses suites

Le CRRMP dispose de quatre mois pour rendre son avis, que la CPAM est tenue de suivre. Au total, la procédure complète s'étend généralement de six mois à un an. En cas de refus, un recours est possible devant la commission de recours amiable, puis devant le tribunal judiciaire.

Ce que change la reconnaissance

Une reconnaissance en maladie professionnelle ouvre des droits renforcés : prise en charge intégrale des soins liés à la pathologie, indemnités journalières majorées, et, en cas de séquelles durables, une possible rente d'incapacité. Elle peut également ouvrir la voie à une action pour faute inexcusable de l'employeur si un manquement à l'obligation de sécurité est établi.

Cette démarche est exigeante et le taux de reconnaissance reste limité, notamment pour les formes les moins sévères. Se faire accompagner — par un médecin, un avocat spécialisé ou un professionnel de l'accompagnement — augmente sensiblement les chances de voir son dossier aboutir.
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