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Droits & Démarches7 min de lecture

Que dit la loi sur la souffrance au travail ?

Panorama des dispositifs et obligations de l'employeur en matière de santé mentale.

La souffrance au travail n'est pas un sujet laissé au bon vouloir de l'employeur : le droit français encadre précisément ses obligations en matière de santé mentale des salariés.

Une obligation de sécurité qui pèse sur l'employeur

Le Code du travail impose à tout employeur une obligation de sécurité envers ses salariés, qui couvre la santé physique et la santé mentale. Concrètement, cela signifie que l'employeur doit évaluer les risques psychosociaux (charge de travail excessive, management toxique, harcèlement, isolement) et mettre en place des mesures de prévention adaptées — et non se contenter de réagir une fois le mal fait.

Cette obligation se traduit notamment par :

  • l'inscription des risques psychosociaux dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP), mis à jour chaque année ;
  • la consultation du Comité Social et Économique (CSE) sur les questions de santé au travail ;
  • l'organisation adaptée des horaires, des charges de travail et du soutien managérial.

Le burn-out reconnu comme pathologie psychique

Depuis la loi du 17 août 2015, dite loi Rebsamen, les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d'origine professionnelle, au même titre que des affections physiques. Le burn-out n'est pas automatiquement classé comme tel — il ne figure dans aucun tableau des maladies professionnelles — mais la voie de reconnaissance dite « hors tableau » lui est explicitement ouverte.

Le rôle du médecin du travail

Le médecin du travail est un interlocuteur clé et indépendant de la hiérarchie. Il peut être consulté à tout moment, en dehors des visites obligatoires, pour évoquer une situation de souffrance au travail. Ses préconisations (aménagement de poste, alerte à l'employeur) ont un poids réel dans la prévention.

Le droit à la déconnexion

Depuis 2017, les entreprises de plus de 50 salariés doivent négocier des modalités d'exercice du droit à la déconnexion, censées limiter l'intrusion du travail dans la vie personnelle — un des facteurs aggravants de l'épuisement professionnel.

Ces dispositifs existent, mais leur mise en œuvre reste inégale selon les entreprises. Se renseigner sur ses droits est déjà une première étape pour ne plus subir en silence.
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